Encore une fois, un grand merci aux quatre musiciens de Kaze qui nous ont offert un concert-découverte sans précédent de par une instrumentation tout à fait originale et rarement mise en scène : deux trompettes une batterie et un piano. Mélange insolite qui par l’absence de basse encourage ces musiciens à augmenter la prise de risque, autant du point de vue de la texture que des fondations de son architecture dixit Peter Orins. En un mot une musique très contrastée, élaborée avant tout dans l’improvisation qui naît elle-même de séquences écrites parfois très courtes totalement assumées. Elle laisse entendre un jeu de timbres générateur d’une harmonie et d’un équilibre tout à fait inattendus. A leur manière, chacun de ces musiciens nous rappelle que la musique est aussi et encore un espace de liberté créatrice. À l’évidence, on pourrait dire que cette musique clôture avec magnificence le cycle des Jazzamalak. Mais surtout, la fin de cette collaboration souligne une façon de voir radicalement différente : nous fonctionnons de façon collective, libre et démocratique. Nous avons tiré notre révérence la tête haute et la conscience tranquille.
Certains diront peut-être que nous attisons les polémiques et les provocations inutiles, mais avantde tourner définitivement cette page, nous avons tenu à exprimer publiquement notre désaccord et notre incompréhension sur la fin du partenariat avec le Théâtre 71 : ce choix n’est pas le nôtre, nous le considérons comme décevant, injuste et infondé. La vérité a été dite, les langues se sont déliées de divers côtés, et nous étions fiers de cela.Et si rumeurs il y a, n’oublions pas que « la rumeur c’est la fumée du bruit » dixit Victor Hugo. Et j’ajouterais, moi fumeur impénitent- que dans 90% des cas la fumée est nocive et qu’il vaut mieux se garder de la respirer… Il me semblait important de revenir sur ce petit épisode de départ. Ceci dit, tout ne fut pas un échec dans cette étape plus institutionnelle de notre aventure, loin de là, des rencontres fortes, de belles images et des sons inouïs nous habiteront encore longtemps. Désormais, malgré de fortes incertitudes, tout est encore possible pour La Fabrica’son : place à l’avenir ! « La croyance que rien ne change provient soit d’une mauvaise vue, soit d’une mauvaise foi. La première se corrige la seconde se combat » dixit Nietzsche. Ou autrement dit : «Tomorrow is the question ! » dixit Ornette Coleman.
Benoist